" Difficile de définir cet artiste urbain puisqu'il ne rentre dans une aucune case et dans toutes à la fois. Le plus simple est de decouvrir Coqalane à travers cette interview pour ensuite ne plus voir les peluches ou biches de la meme manière "

 

aout 2013 140

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Certifié Coqalane

 

Pourquoi ce nom d’artiste ?

Cela s’est fait pratiquement avant mes premieres œuvres, je savais que mes activités allaient être dans la rue d’où le besoin d’un pseudo, vu que j’etais vraiment au debut, la liberté de cette expression pouvait m’envoyer dans differents domaines, pas d’etiquette, c’est pas connoté à une discipline, ensuite il y a un lien avec mon vrai nom et le surnom donné par mes proches.

Es-tu vraiment certifié ?

Mon nom d’artiste est coqalane, certifié y est rattaché pour differentes raisons, la premiere est qu'au debut de mes sorties urbaines ma signature etait un tampon. La seconde, coqalane sur internet etait pris par une ferme et une maison d’edition, pour avoir un nom de domaine personnel certifie s’est rajouté, mais certifie au final a peu d’importance, gilbert coqalane est venu naturellement au fil du temps.

L’espace urbain est pour toi un lieu où montrer ton travail ou un élément de ta création ?

Cette question sent le conflit entre nombreux street artistes… pour ma part je m’en fous, j’ai commencé dans la rue en connaissant rien sur le street art, peu sur l’art en general…

Je fonctionne selon mes idées, mes envies, je peux etre dans la rue avec la foule, seul dans la foret, je peux me servir du mobilier urbain, la ville peut servir juste de fond pour créer un décalage.

L’important pour moi est d’etre à l’exterieur, car cela permet des moments de créations supplémentaires ,d’adrenaline plus forts, plus de contraintes, plus de rencontres, plus de souvenirs…qu’un travail en atelier.

Le fait egalement de travailler sans filet est tres important pour moi quand tu penses à une installation ou que tu la realises tu ne sais jamais ce qui va se passer, il y a une certaine preuve d’honneté dans la rue.

Comment définirais-tu ta démarche ?

Je suis autodidacte spécialisé en installations, performances et sculptures, étudiées et réalisées dans mon atelier.

J'exploite différentes techniques et médiums rarement académiques pour exprimer mon art tels l'aluminium ménager, le plastique, les timbres postaux, la taxidermie, les déchets.

J'ai une volonté de pluridisciplinarité, d’où le pseudonyme tiré de l'expression française pour sa notion de liberté.

J'apprécie les métaphore, paradoxe, personnification et autres figures de styles pour mettre mes œuvres plastique en relief.

J'ai pour lieu d'expression la rue et les grands espaces, et pour thème principal les animaux, avec comme fil conducteur l'humour dans toutes ses déclinaisons possibles.

Et pourquoi ?

Parce que Dieu m'a dit fait des biches en alu donc je fais des biches en alu.

Peux-tu nous parler de ton concept « Bestialu » ?

J'en avais un peu marre de passer justement du coq a l ane, j’ai reunit plusieurs idées et avec le temps je savais ce qui me plaisait, ce qui à donné la naissance du projet bestialus (bestioles en aluminium), pour resumer le projet ce sont des sculptures en aluminium menager representant des animaux en taille reelle sans armature mis en scene à la campagne ou en ville dans des installations ou performances.

As-tu envie de le faire évoluer autrement et comment ?

J’ai encore de nombreuses installations et performances à realiser avec ce projet, peut etre plus grandes, d'autres animaux et pour certaines en entrant dans la narration ( flipper la biche).

Pour l'instant j'ai travailler le cervidé le berger allemand le flamant rose le corbeau...je vais continuer avec les rats, les autruches et les caniches,,,

As-tu eu des collaborations avec d’autres artistes ?

Tres peu, certes des expositions collectives, des biches bestilaus pour la tournée de Sebastien tellier…mais Je suis assez solitaire dans mon art, meme si l’envie grandit pour des collaborations…

Je conctois quotidiennent de nombreux artistes mais très peu dans mon domaine.

Dernièrement, tu as tenté de te rendre à Amsterdam avec une biche en auto-stop. Peux-tu nous raconter cette aventure ?

Effectivement, dans le cadre de mon projet bestialu et mon envie de narration, je desirais realiser une perf paris amsterdam en auto stop avec une biche, flipper la biche, l’histoire d’une biche qui a envie du grand large, j’etais accompagné de mon ami videaste rodrigue rouyer

Cette performance etait visible avec des photos en temps reel partagées sur facebook.

Pourquoi a-t-elle avortée ?

Plusieurs raisons, la principale la difficulté de faire du stop meme en cachant la biche, la seconde artistiquement peu de kms parcourus donc peu de photos, la camera en panne… la troisieme en terme de confort, trempés, impertaif sur la date de retour…

Le resumé de la perf est visible sur mon site.

Vas-tu en tenter une autre ?

Bien sur malgré l’arret à mi chemin, c’etait une aventure et une bonne experience artistique a vivre , je reflechis à faire flipper la biche 2 en mobylette. Je viens de m’acheter une zundapp super combinette (berlin est) pour les connaisseurs.

Quel rapport entretiens-tu avec les animaux ?

C’est mon theme principal, il est venu à moi naturellement, je me suis rendu compte que la plupart de mes œuvres avait un rapport avec les animaux.

Est-ce une source d’inspiration ?

Bien entendu, les aniamux ont une intelligence et un pouvoir comique sans commune mesure.

J’aime egalement l’aspect transgenerationnel, j’apprecie qu’un enfant puisse avoir une lecture sur mes œuvres, meme si elle est differente pour les adultes, les animaux permettent cela.

J’aime depuis longtemps egalement les œuvres litteraires animalieres comme par exemple la ferme des animaux de george orwell.

Le besoin de matérialiser des concepts ?

 

Effectivement mes oeuvres sont souvent conceptuelles, travail d’une reflexion et de documentation, y apporter un visuel plastique est important et une suite logique.

J’ai plus envie que « coqalane » soit un etat d’esprit plutot que des œuvres ou une signature visuelle particuliere.

Une démarche citoyenne pour attirer l’attention du public sur eux ?

Non, malgrès que j’ai mes ideaux personnels, là n’est pas le message, je suis pas là pour eduquer ou moraliser les gens. Je ne suis pas un exemple.

Dors-tu avec une peluche ?

Les prochaines nuits certainement, le voisin de mon oncle c’est le vrai casimir, le costume est dans son garage… et c’est facile d’accés…

Son nom ?

Quelles sont tes installations les plus marquantes et pourquoi ?

Les prochaines,,,

Il sera temps de faire le bilan de tout ça quand je serai à la maison de retriate près de chez moi qui s'appelle "au dernier souffle".

Celle qui a suscité le plus de rejet ?

A l’heure actuelle, je n’ai pas fait de mauvaises experiences, pourvu que ça dure…

Te sens tu plus artiste performeur ou artiste de rue ?

je fais des performances dans la rue, par contre le terme artiste est plus complexe, j’ai regardé la definition dans le dictionnaire : artiste personne exercant un art par consequent j’ai regardé la definition d’art : discipline pratiquée par un artiste.

J’aime l’ esprit dada du terme artiste.

Quelle est ta performance la plus difficile à mettre en œuvre et pourquoi ?

Sur le point de vue technique, c’est celle de «  le ciel devient la mer » une commande de l’université 2 de nancy qui m’a laissé carte blanche, donc j’ai decide de realiser des ombres de poissons ( thon raie requin lamantin)en cartons plastifies, les plus grands poissons mesuraient 2.90 cm, tendus d’un toit à un autre par des fils de peches transparents.

Plusieurs personnes, plusieurs heures, le vide sous les yeux…

Le resultat: regarder les poissons dans le ciel bleu qui devient la mer, le vent qui fait vibrer les nageoires, puis un orage de grele une heure apres l’installation.

Toutes ! j’habite en lorraine et à chaque fois que je decide de faire une installation ou une performance, il neige, vente, grele, pleut ou fait 45 degres…( a faire rigoler les streets artistes russes)

Peux-tu nous parler de ta performance « Premier pas sur la lune » ?

Un tres bon souvenir, j’ai decoré avec un ami comédien un abri de bus avec un salon style années 50 et on a regardé le premier pas sur la lune à la tele (branchée à la batterie d’une voiture).

Vu mon age j’ai loupé cet evenement, je voulais le vivre, au bout de quelques temps se sentir aussi à l’aise que dans son vrai salon et parler avec des personnes nous racontant leurs souvenirs, c’etait genial.

La police à attendu le premier pas sur le sol lunaire avant de partir.

As-tu également un travail de peinture ou autre en atelier ?

Oui, je transcris l’eprit decalé que je peux avoir dans la rue dans des oeuvres plastiques, principlament des sculptures ou des ready mades, certaines œuvres ont un lien avec mes creations urbaines (bestialus pour interieur) , d’autres non.

Toutes ces oeuvres sont visibles dans mes expositions ou à mon atelier,

Les courriers gilbert coqalane sont egalement une forme de travail d’atelier.

Comment opères-tu lorsque tu décides de faire une installation ?

Les idées sont retranscrites sur des carnets, je les realise selon mes envies, cela se fait assez rapidement, il faut juste du temps libre, le materiel au bon moment c’est parti,

As-tu besoin de longuement préparer tes projets ou marches-tu à l’intuition ?

Selon l’importance du projet, je fonctionne avec 2-3 gros projets dans une année qui sont travaillés et par contre les autres effectivement sont plus intuitifs.

Qu’est-ce que « Les courriers de Gilbert Coqalane » ?

Les courriers de gilbert coqalane c’est un projet artistique de courriers envoyés aux entreprises, adminstrations, personnalités.

Je me suis créé le personnage gilbert coqlane pour l'envoi des courriers, des courriers avec des demandes particulieres, des reclamations loufoques,

Quelques exemples sont sur mon site, mais tres sont publiés pour conserver l'exclusivité d'edition

Le moblier urbain est-il une source d’inspiration ?

Bien sur, tout element urbain est bon à analyser pour créer, que ce soit du mobilier, des sons, des odeurs des comportements,,,

Regardes-tu la télé ?

Tres peu, mais je suis de pres le cinema belge,,, il ya une telle effervessence,,,

Quelles sont tes émissions préférées ?

Des chiffres et des lettres, cette emission est rassurante, il peut se passer pleins d’emmerdes dans le monde ou dans ta vie, mais vu que cette emission est tres lente et inchangée depuis des lustres, elle fait l’effet d’une berceuse ou d’un doudou.

Dernierement des que je voyais frigide barjot à la tele je sortais ma vhs des chiffres et des lettres.

Consonne voyelle consonne voyelle …

Pourquoi ce couvre-chef et pas un bonnet en laine ?

J’attendais cette question depuis le debut de ma carriere pour retablir la verité, ce couvre chef « made at home » est bonnet d’ane et non bonnet de lapin.

A force de l’utliser les tiges dans les oreilles d’anes sont tombées.

A toutes les personnes rencontrées, la presse… je ne suis pas un LAPIN, je hais les lapins.

Ce bonnet me sert à entrer en scene, à materialiser ma folie douce, au fur et à mesure je tombe le bonnet, les gens savent que j’ai des soucis maintenant.

Y a-t-il des artistes qui t’inspirent et pourquoi ?

Les dadaistes en general, en particulier Magritte et Duchamp, beaucoup de photographes comme par exemple martin parr, de scuptureurs comme par exemple duane hanson, des poetes comme soupault ou genet, Orwell et dagerman pour la litterature, la musique psychedelique et rockabilly, et pour le coté street art keith haring et les belges en general,

Pourquoi ? Il me semble qu'il y est un mot qui les reunit : pertubateur

Aurais-tu voulu être un chanteur moustachu dans un cabaret moldave ?

J’aime la musique, j’aime les moustaches, j’aime les pays de l’est donc pourquoi pas.

Une rock star chauve ?

C’est impossible ! connais tu des rock stars chauves ? tu vois c’est impossible…

Ps : brigitte fontaine n’est pas une rock star.

Un catcheur malingre ?

C’est deja un peu le cas car je suis assez nerveux mais je suis taillé comme un sandwich sncf…

Un dresseur d’ours ?

J’essaye deja de dresser 3 poules et un coq mais c’est difficile. J’habite à la campagne, je voulais faire couleur local en achetant des poules, mais cela n’a pas focntionner quand les voisins ont appris leurs prenoms ( mac chicken, bouillon, nuggets)

Un hypnotiseur de marmottes en rut ?

Ça serait dommage de les hypnotiser si elles sont en rut… longue vie aux marnottes.

Ou tout simplement un Coq à l’âne ?

Un peu chiant, non !

Des projets à venir ?

Un article dans paris tonkar, Flipper la biche 2 en mobylette, une expo collective à  lille en automnne sur le theme dada avec mimi the clown, david veroone, david gouny, madame moustache…

La biennale internationale de l’image de nancy au printemps prochain…

Et bien sur encore des installations, des performances… je vais continuer à venir sur paris, j’adore l’esprit « coqalane » qu'ont les parisiens en comparant mes biches à des vaches, des chiens, des chevres ou des lynx…

Merci !!

Merci à toi !!

INTERVIEW TAREK PHOTOGRAPHIE COQALANE